Trois ans de prison pour avoir battu sa compagne


01 Jun
01Jun

Le poignet gauche dans le plâtre, un coquard à chaque œil, des hématomes sur le reste du visage. Soraya D. a besoin de l'aide de ses proches pour enlever sa doudoune et prendre place dans la salle d'audience. Cette femme de 39 ans a vécu l'horreur dans la nuit de vendredi à samedi. Un déferlement de coups. L'énumération par la présidente du tribunal Aude Carassou sera interminable.

L'auteur ? Son compagnon déjà condamné à de multiples reprises pour des faits de violence conjugale. Alexandre P. vient de passer les dernières 48 heures en garde à vue. Il a été présenté hier au tribunal d'Auch. Il se frotte les yeux comme s'il peinait encore à réaliser la gravité de ses actes. Son avocat, Maître François Roujou de Boubée, lui livre ses derniers conseils. Du bout des lèvres, le prévenu accepte sa comparution immédiate.

4 ans de prison

Jeudi dernier, Alexandre P. rejoint sa compagne, chez elle. À sa demande, il promet de ne pas être violent. La première nuit ne laisse pas présager celle qui va suivre. Le vendredi, après «un apéro» composé de litres de bière et d'une bouteille de whisky, Alexandre P. entre dans une rage dont il peine à se souvenir. «Vous l'avez attrapée par les cheveux, vous avez à plusieurs reprises projeté sa tête contre le parquet. (...) Le légiste a constaté 21 jours d'ITT», rappelle la présidente.

À la barre, Alexandre P. ne s'excuse pas, plaide sa dépendance à l'alcool, jure qu'il s'apprêtait à partir en cure de désintoxication, et bredouille ces quelques mots : «Tout ce qu'elle a dit est vrai. Sous l'effet de l'alcool, je n'ai pas eu conscience...»

Aux premières heures de sa garde à vue, Alexandre P. justifiait sa violence en reprochant à sa concubine d'avoir dissimulé son dentier ! La prothèse sera retrouvée dans une corbeille à linge...

Alice Gardair, substitut du procureur, accuse le prévenu «d'avoir fracassé» sa victime et requiert cinq ans de prison ferme. Moins d'une heure plus tard, Alexandre P. écope de quatre ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis. Il a immédiatement été écroué.

Nicolas Guégan


Trois ans de prison pour avoir battu sa compagne

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